Des jeux et logiciels usagés? Vraiment?

Le blogue de Noize

Il y a quelque chose qui me trotte dans la tête depuis un certain temps déjà. Plusieurs savent que j’ai déjà longuement écrit à propos du piratage de jeux et de logiciels ainsi que de la vente de jeux et logiciels usagés. Par contre, en parcourant une discussion sur le sujet sur un de mes sites web préférés, je me suis rendu compte de quelque chose.

Un « jeu usagé », ça n’existe pas. Ce qui existe, c’est un boîtier usagé, c’est un disque usagé, un manuel usagé, mais le jeu, lui, n’est pas usagé. Les graphismes ne sont pas « usagés », pas plus que le son ou la jouabilité. Il n’y a pas de trucs qui fonctionnent moins bien parce que c’est un titre usagé.

Plus j’y pense et plus je me rends compte qu’il va falloir changer notre façon de penser. Nous sommes passés à l’ère du numérique, mais notre logique, elle, est restée ancrée dans le passé. Nous pensons encore en termes d’objets physiques, et appliquons encore des idées rattachées au monde réel à des trucs virtuels qui n’existent pas de la même façon. Neuf? Usagé? Ces concepts n’ont aucun sens quand on parle de logiciel. Est-ce qu’un jeu ou un logiciel que vous avez téléchargé peut être défini comme neuf ou usagé? Pourquoi serait-ce donc différent pour le même logiciel ou jeu acheté sur un disque?

Il n’y a aucune différence en fait. La différence, c’est nous qui la faisons dans notre tête. Cette différence est là parce qu’on a l’illusion, à cause du disque acheté, que le jeu ou le logiciel est un objet physique. On associe le contenu au contenant.

La réalité, c’est que l’on ne paye pas pour un disque, un manuel ou un boîtier. Ces derniers ne représentent qu’une infime partie du prix que vous payez. La raison pour laquelle on paye, c’est ce qui se trouve sur le disque, et non le disque lui-même.

C’est comme aller au cinéma. Le billet peut coûter de 10 à 15 dollars, mais jamais vous ne pensez payer ce montant pour le bout de papier que vous obtenez à l’entrée. Vous payez ce prix pour avoir le droit de visionner un film. Pour « l’expérience » que vous allez voir. Pas pour le billet.

Il faudrait peut-être que l’on commence à changer notre façon de voir les choses. Et il faudrait que, comme pour le cinéma, on commence à séparer le contenu du contenant, quand il est question de jeux et de logiciels.

Une fois cela fait, ça sera beaucoup plus facile d’aborder des sujets comme le piratage informatique, ou les problèmes causés par la vente de jeux usagés. Des sujets où la plupart des gens confondent justement trop souvent le contenu et le contenant...